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Point sur le déploiement des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques en France

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Depuis quelques années, les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques, sont au coeur de tous les débats… Retour sur un sujet global, imbriqué au sein des territoires et devant assurer la continuité pour les usagers…

LE LIVRE VERT SUR LES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE

Le Sénateur Louis Nègre avait été chargé par le Premier Ministre François Fillon de travailler sur la problématique des véhicules décarbonés, suite au plan national de 2009 pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables en France (voir le document). Il s’agissait d’établir "un livre vert", précisant le cadre organisationnel et conceptuel nécessaire. "Il apporte des précisions indispensables sur le dimensionnement des infrastructures, ainsi que sur les modèles économiques et juridiques pour leur déploiement. Il constitue le véritable guide destiné aux collectivités territoriales dans la mise en œuvre de leur projet". (Source : MEDDE).

Outre sa dimension conceptuelle, le Livre Vert poursuit l’ambition d’être une ligne directrice en vue de parvenir à l’objectif de mise en circulation de 2 millions de véhicules électriques et hybrides en 2020, impliquant un réseau de points de recharge suffisamment dense au sein des territoires. Les estimations sont de 400 000 bornes accessibles au public et de 4 millions de bornes privées à l’horizon 2020.

L’ANNONCE D’UN NOUVEAU PLAN DE SOUTIEN PAR LE GOUVERNEMENT FRANCAIS POUR L’AUTOMOBILE

Le 25 juillet 2012, le Gouvernement Français, par la voix de son Ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, a annoncé un plan de soutien à la croissance des véhicules écologiques, ancré sous deux thématiques : la mobilité propre et l’accessibilité des véhicules à l’ensemble de la population.

"Nous aimons notre automobile [...], une automobile, qui sera différente [...], elle sera propre, et elle sera populaire. [...] l’argent public doit être utilement dépensé et faire l’objet de contre-parties, de la part de nos partenaires. [...] rendant le prix du véhicule électrique, comparable à celui de l’équivalent en véhicule thermique, mettant ainsi à la portée de tous les français, dans un horizon quasi-immediat, le véhicule électrique". (Lire notre article). « Il ne s’agit plus d’une expérimentation du véhicule électrique en France, mais du lancement du véhicule électrique ». Arnaud Montebourg.

La France renforce sa volonté de soutenir le développement de la mobilité électrique, qui est déjà une réalité pour certains français. En 2012, la France a concentré 35% des ventes de voitures électriques des particuliers en Europe, amenant aussi la réalité du début de la continuité de la disponibilité des infrastructures de recharge sur le territoire.

LA CONFERENCE ENVIRONNEMENTALE, EN FRANCE, CONFIRME LA VOLONTE DE LA TRANSITION ENERGETIQUE.

Les 14 et 15 septembre 2012, à quelques jours de la Semaine Européenne de la Mobilité, s’est tenue en France, la Conférence Environnementale, "un nouveau partenariat écologique qui doit permettre à la France, d’engager de façon exemplaire, la transition écologique et énergétique pour répondre aux urgences environnementales et préparer le monde de demain" Président François Hollande.

La France souhaite fixer avec ses partenaires français et européens une véritable politique des énergies renouvelables fondée autour de quatre axes :

  • l’efficacité énergétique dans les bâtiments (quatre millions de logements à équiper),
  • la simplification des règles administratives,
  • la stabilité des aides, des dispositions fiscales et du prix de rachat de l’électricité issue d’énergies renouvelables,
  • le soutien public à l’innovation, d’une part par le biais de la Banque Publique d’Investissement, d’autre part, par le Grand Emprunt.

La question de l’énergie (voir notre article) a été placée comme un engagement fort de cette conférence environnementale, impliquant aussi de fait la problématique de l’accès à la recharge énergétique pour les véhicules électriques.

L’ADEME A LANCE DES APPELS A MANIFESTATION SUR LES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE EN FRANCE

La Direction Villes et Territoires Durables, Service Transports et Mobilité et la Direction Recherche et Prospective, Service Recherche et Technologies Avancées de l’ADEME ont lancé fin 2011, un appel à manifestation concernant le déploiement des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables. En effet, plusieurs villes ou communautés d’agglomérations ont signé la charte pour le déploiement d’infrastructures publiques de recharge de véhicules électriques et hybrides rechargeables. 

Par cette charte, les signataires s’engagent principalement à :

  • mettre en œuvre le déploiement d’infrastructures de recharge publiques si les conditions techniques et réglementaires suffisantes sont réunies
  • participer à l’étude lancée par l’Etat sur les modèles économiques
  • communiquer sur l’existence des plans de déploiement
  • être un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics sur le sujet.

Même si quantitativement les bornes de recharge accessibles au public, placées dans des parkings ou sur voirie, ne représenteront vraisemblablement que 10% des prises et 5% des usages, elles offriront une assurance aux utilisateurs de pouvoir accéder à des infrastructures de recharge en dehors de la sphère privée (domicile, travail) et des stations services. Elles constitueront à ce titre un gage de fiabilité de l’ensemble du système, complément indispensable pour renforcer la confiance des utilisateurs dans le véhicule électrique (source : ADEME).

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 16 décembre 2013.

Le 10 janvier 2013, l’ADEME a publié second un appel à proposition concernant un dispositif d’aide au déploiement d’infrastructures de recharge pour les véhicules hybrides et électriques. Dans le cadre des Investissements d’Avenir, l’Etat a confié à l’ADEME le rôle d’opérateur du programme «véhicule du futur», conformément à la convention du 8 décembre 2010 publiée au JO le 10 décembre 2010. Ce programme a permis de soutenir de nombreux projets d’innovation au travers de 11 appels à manifestations d’intérêt publiés en 2011 et 2012, notamment sur la mobilité, les infrastructures de recharge et les chaînes de traction électrique.
Le développement à grande échelle du véhicule électrique en France suppose que des infrastructures de recharge soient disponibles pour les usagers. Si l’essentiel des recharges se fera au domicile ou sur les lieux de travail, la disponibilité de bornes de recharge en accès public est jugée nécessaire pour assurer l’utilisateur contre le risque d’autonomie insuffisante. C’est ce qui a conduit les pouvoirs publics à mettre en place un dispositif d’aide aux collectivités susceptibles de déployer des infrastructures de recharge. (Source : Ademe).

Date limite de dépôt des dossiers : 16 décembre 2014.

Pour plus d’informations :
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=25272&nocache=yes

EN FRANCE, LA MISSION HIRTZMAN POUR LE DEPLOIEMENT DES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE

Début octobre 2012, le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie a lancé la mission Hirtzman, qui avait été annoncée dans le cadre du plan automobile présenté par le Ministre du Redressement Productif le 25 juillet 2012 et qui doit permettre de faire émerger et d’accompagner les projets d’infrastructures de recharge dans les territoires (source : MEDDE).

Deux axes ont été annoncés : les projets de déploiement à grande échelle de bornes de recharge des agglomération de plus de 200 000 habitants, ou ceux portés par une région seraient dorénavant éligibles aux fonds du Programme des Investissements d’Avenir, l’accélération du déploiement des bornes de recharge sur les autoroutes, dans les parkings de stationnement, et dans les parkings ouverts au public comme les parkings des grandes surfaces, ces projets pourront aussi être accompagnés par les fonds du PIA, pendant une durée limitée.

Plus d’informations :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Voitures-electriques-lancement-de.html
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-plan-vehicules-electriques-et,26806.html

LA COMMISSION EUROPEENNE REND UN AVIS SUR DES OBJECTIFS QUANTITATIFS POUR 2020

Le 24 janvier 2013, la Commission Européenne mentionne que si "davantage d’automobilistes abandonnaient les voitures roulant à l’essence ou au diesel au profit de celles fonctionnant à l’électricité, à l’hydrogène ou au gaz naturel, cela renforcerait l’indépendance de l’Union Européenne par rapport aux importations de pétrole et réduirait les émissions de gaz à effet de serre".

Pour favoriser l’indépendance, la Commission Européenne préconise de lever les obstacles, en se concentrant sur quatre objectifs majeurs, en fonction des types d’énergies :

Electriques :
Il s’agit d’un équipement minimum de stations de charge par pays et d’une fiche normalisée permettant aux automobilistes de recharger leurs véhicules partout dans l’Union Européenne. En d’autres termes, la Commission Européenne préconise la mise en place d’une norme pour les prises de recharge.

Hydrogène :
Il s’agit de la mise en place de normes communes relatives aux tuyaux de ravitaillement et autres composants des stations dans 14 États membres de l’UE.

Gaz naturel liquéfié (GNL) :
Il s’agit de stations de ravitaillement pour les camions, équidistantes de 400 km le long du réseau de transport européen unifié. De même, la Commission Européenne prévoit que les bateaux puissent également pouvoir être ravitaillés dans l’ensemble des installations portuaires maritimes ou intérieures.

Gaz naturel comprimé (GNC) :
Il s’agit de stations de ravitaillement respectant des normes communes, accessibles aux véhicules ordinaires et équidistants de 150 km dans toute l’Europe, d’ici à 2020.

La Commission Européenne rappelle aussi, que 84% du pétrole utilisé pour les transports provient de l’importation, soulignant la grande dépendance et les risques liés à cet approvisionnement. Dans ce contexte, avoir recours à de nouvelles sources d’énergies, moins polluantes que les énergies fossiles, permet à la fois de diminuer les risques, la dépendance et l’impact environnemental.

Plus généralement, la Commission Européenne se prononce dans le cadre de son projet intitulé "Vision d’une Europe interconnectée", une nouvelle stratégie visant à améliorer le système de transports en reliant les réseaux routiers, ferroviaires, aériens et fluviaux, en vue de réduire la dépendance à l’égard des importations de pétrole et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Informations complémentaires : LIVRE BLANC : Feuille de route pour un espace européen unique des transports – Vers un système de transport compétitif et économe en ressources : http://www.imedd-group.com/white_paper_com(2011)_144_fr.pdf

LES PAYS EUROPEENS LEADERS DE L’ENGAGEMENT POUR UNE MOBILITE ELECTRIQUE

Pour compléter les propos précédents, la Commission Européenne a fixé des prescriptions d’objectifs quantitatifs à atteindre, à la fois en termes d’équipements en véhicules électriques, et dans le même temps, en matière de maillage d’un réseau d’infrastructures de recharge. Ainsi, 13 pays prennent le lead pour les objectifs d’équipements en véhicules électriques à l’horizon 2020, avec en tête l’Espagne, la France, le Royaume Uni et l’Allemagne et un objectif quantitatif projeté d’au minimum 100 000 unités par pays.
Concernant le maillage du réseau, on retrouve en tête l’Allemagne, l’Italie, le Royaume Uni, la France et l’Espagne, qui tendraient vers des objectifs de plus de 80 000 infrastructures ouvertes au public.
Au titre des équipements actuels, l’Allemagne est en tête, suivie des Pays-Bas, de la France, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal, avec au minimum 1350 infrastructures de recharge existantes (en 2011).

Les préconisations de la Commission Européenne sont ambitieuses, puisqu’il s’agirait, par exemple, pour la France, de multiplier par 61 le nombre d’infrastructures actuelles (date de référence 2011) pour atteindre les objectifs préconisés pour 2020. Dans le même temps, la Commission Européenne a émis une préconisation pour les prises de recharge de Type 2 (non encore décidée), l’idée étant de proposer un standard en Europe.
Le tableau ci-dessous explique les préconisations quantitatives de la Commission Européenne, étant entendu que le nombre de points de recharge ouverts au public est égal à 10 % du nombre total de points de recharge.

Si les pays européens souhaitent s’aligner sur les objectifs préconisés par la Commmission Européenne, les sept années à venir vont devoir être entreprises un "pied bien enfoncé sur l’accélérateur", le tout dans un contexte de crise.

Plus d’informations : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-40_fr.htm#footnote-1

2EME ASSISES NATIONALES DES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE EN FRANCE

Dans le même temps, l’AVEM a organisé les 14 et 15 février 2013, les 2ème assises nationales des Infrastructures de Recharge, réunissant les entreprises, associations et organisations publiques, concernées par ces enjeux, qui au regard des dernières préconisations, vont pouvoir faire le point sur ces avancements.

Plus d’informations : http://assises2013.avem.fr/

CONFERENCE DU CLUB DES VOITURES ECOLOGIQUES A EVER MONACO 2013

EVER MONACO 2013 a accueilli le 28 mars 2013 une conférence organisée par le Club des Voitures Ecologiques. L’IMEDD a assisté à la table ronde sur les infrastructures de recharge, et en rapporte quelques images à voir sur YouTube.

 

Vous pouvez consulter les autres vidéos en cliquant ici

ET DEMAIN ?

Nul doute que de l’effervescence de ces débats autours des enjeux de mobilité électrique, sorte un système global, stable et durable, qui va permettre l’accompagnement du déploiement du véhicule électrique en France, en Europe et à l’international. Le cap quantitatif préconisé par la Commission Européenne est ambitieux, compte tenu de la situation économique actuelle, impliquant que tous les types d’organisations aillent dans le même sens, à vive allure, pour tendre vers les objectifs de 2020. Cela étant dit, le rôle de la Commission Européenne est d’être ambitieuse.
De plus, s’il y a quelques années, les questions de mobilité s’entreprenaient aussi du point de vue de la réduction de l’impact environnemental, la situation actuelle fait qu’aujourd’hui, ce sont des raisons économiques qui sont mises en avant, faisant que ces nouveaux modèles doivent être poussés.
Nous entrons dans une nouvelle période où les politiques publiques doivent être lisibles, visibles et appliquées, où les acteurs de la mobilité électrique doivent se coordonner pour accompagner ce déploiement, et où tous, doivent entreprendre de pousser les messages de la mobilité électrique vers les utilisateurs finaux, les collectivités, les entreprises et les populations. Le challenge est grand, les objectifs aussi. Il s’agit de construire une indépendance énergétique pour la voiture, un meilleur cadre de vie pour les populations, et de garantir la pérennité de l’innovation, une des composantes des succès économiques individuels et collectifs.

 

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